L'armée a occupé six districts miniers. Arrestation de plusieurs dirigeants de la Fédération minière. Etat de siège. Grève Générale dans les mines et les Universités. Antécédents de la mobilisation Réduction du service militaire et liberté de former ses Fédérations lycéennes (FES - Féderacion de estudiantes de Secundaria) avaient été les thèmes qui avaient mobilisé des milliers d'élèves dans les principales villes Quand fut connue la mort de l'ex-président J.J. Torrez, alors s'est ajoutée la protestation à ce fait et la demande de rapatriement du corps, ce qui a augmenté les mobilisations étudiantes. Le gouvernement fit une répression sévère. A Oruro, le 8 juin, une manifes -tation de rue est mitraillée par des carabiniers et des unités de l'armée. La riposte à ce crime est la généralisation de la mobilisation estudiantine à tout le pays. La dictature a suspendu les cours dans tous les établissements scolaires, décrétant des "vacances d'hiver". L'assassinat du Général J.J. Torrez a secoué tous les secteurs et a produit des grèves de protestation dans les mines et dans certaines usines, avec des proclamations de deuil et des demandes de rapatriement du cadavre. Banzer et sa camarilla ont agi, face à cette situation, de façon contradictoire, démontrant l'existence de désaccords et de conflits dans son appareil. D'abord, on s'est résolu à rapatrier le corps, on a déclaré le deuil national ; puis dans une déclaration, Banzer a dit que "les portes de la Bolivie étaient ouvertes à tous les Boliviens qui se sentaient persécutés à l'étranger". Mais, sitôt après, la dictature a dû rectifier. Devant l'impact qu'a produit la mort de Torrez, avec la demande des mineurs qu'il soit enterré dans les mines, les préparations des mobilisations pour participer à l'enterrement, etc. Banzer et ses généraux se sont inquiétés et ont annulé le rapatriement. Le Congrès minier de Corocoro, réuni di ler au 7 mai, après avoir ratifié ses thèses' socialistes, a décidé de lutter pour une augmentation de salaires avec un minimum de 80 $ B., qui est encore en-dessous du minimum vital et qui ne compense pas non plus les pertes de pouvoir d'achat produites par trois années de gel des salaires. Le délai donné au gouvernement courrait jusqu'au 17
Confrontée à cette situation, la dictature des gorilles fascistes a eu recours à la violence.
Dans la matinée du 9 juin, la dictature, qui s'était efforcée de faire preuve d'autorité et d'obtenir le soutien populaire, a perdu la tête et a décidé l'état de siège et l'occupation militaire des districts miniers de Catavi, Siglo XX, Huanuni, Colquiri, Corocoro, Quechisla et San José.
On a arrêté des dirigeants de la Fédération Minière (FSTMB). On a également arrêté des universitaires à Sucre, Cochabamba, Onuro,
La Paz. La riposte ouvrière Les héroiques districts de Catavi-Siglo XX ont initié la contre-offensive ouvrière, La confrontation armée avec les militaires, dont le premier objectif était de réduire au silence les radio-émetteurs, a été évitée, mais dans le même temps, la grève était proclamée. Les travailleurs ont cessé le travail. Les dirigeants syndicaux se sont réfugiés à l'intérieur des mines, à des milliers de mètres sous terre; depuis les galeries, ils dirigent la résistance autour de la mise en avant des points suivants : 1) Retrait immédiat des forces militaires de tous les districts miniers. 2) Libération de tous les dirigeants de la FSTMB, d'autres dirigeants et des travailleurs et étudiants qui se trouvent détenus. 3) Remise des émetteurs-radio et plus particulièrement de la "Voix des mineurs", du "21 décembre" et de l'émetteur "'Pio XII". Garanties pour leur fonctionnement. 4) Augmentation des salaires des travailleurs des mines. 5) Rapatriement immédiat de la dépouille de l'ex-président J.J. Torrez. Les dirigeants de la FSTMB qui n'avaient pas été arrêtés ont reconstitué sa direction et le 13 juin, ils ont approuvé une résolution généralisant la grève à toutes les mines nationalisées et aux secteurs affiliés à cette fédération : immédiatement sont entrés en grève Huanuni, Potosi, San José, Colquiri et d'autres mines plus secondaires du secteur minier nationalisé. Les coopératives minières se sont pliées à la grève. Des 9 universités du pays, 7 ont déclaré la grève générale illimitée en appui aux mineurs. Les usines les plus combatives ont également fait des grèves de 24 et 48 heures. Banzer ne s'attendait pas à cette riposte ou -vrière et populaire énergique. Dans son désespoir, il a fait tout ce qu'il a pu pour terroriser les grévistes mineurs. Les mines nationalisées ont été déclarées zones militaires et ses habitants, les mineurs, soumis au Code Pénal Militaire; on a menacé d'envahir les mines avec des "paysans armés"' et, en ce
BOLIVIE sens, on fabrique des communiqués et des résolutions au nom de prétendues organisations paysannes. Génocide contre Siglo-XX-Catavi Pour éviter que les dirigeants syndicaux réfugiés à l'intérieur des mines continuent à diriger la résistance, les soldats ont été postés aux entrées, empêchant toute introduction de personnes et d'aliments; ils ont coupé le courant électrique et menacent de couper l'eau et l'aération. Les mineurs ont répondu avec davantage de fermeté. Ensuite, pour réduire la population civile, les familles des mineurs totalisant près de 50.000 personnes dans plusieurs districts, on a fermé les magasins d'approvisionnement de vivres, on a coupé l'eau potable et la lumière électrique à tous les campements. Voilà un crime inoul qui ressemble à un génocide. Dans les campements miniers, en plus des travailleurs, il y a les femmes, les enfants, les retraités qui sont ainsi condamnés à la faim, aux maladies, sans mesures d'hygiène et d'asepsie. Ce crime doit être condamné par tout le monde civilisé. Les organisations révolutionnaires du monde doivent élever leur voix pour condamner et dénoncer cette situation devant les organismes internationaux. Il faut préparer des commissions qui viennent en Bolivie pour appuyer les mineurs en lutte. La dictature militaire, dans son essai pour diviser et briser la résistance minière, a décrèté une augmentation des salaires, sous le nom de "rationalisation'' , qui fluctue entre 22 et 30 %, et prétend "dialoguer" avec la base. Avec cette prétention, après l'occupation militaire de Catavi, Banzer a visité ce district. Ce fut le désert. Après cette expérience, il s'est abstenu d'aller à Siglo XX et Huanuni. Solidarité internationale! La lutte du peuple bolivien est dure. Mais la Bolivie est le pays d'Amérique Latine où la recomposition du mouvement ouvrier et de la gauche, après le coup militaire fasciste, a avancé le plus. Il faut accorder une place importante à la situation de la Bolivie dans les préoccupations des organisations révolutionnaires et des masses dans le monde. Il est urgent d'organiser une campagne de dénonciation sur la situation en Bolivie, de populariser la lutte de ses travailleurs, spécialement les mineurs, des universitaires, et d'apporter son souțien. La solidarité mondiale peut éviter l'isolement des centres miniers encerclés par l'armée. La solidarité internationale doit éviter l'isolement des masses boliviennes en lutte.
Huanuni, le 15 juin 1976
ERRATAS L'article "Le cours actuel de la Révolution mondiale" paru dans le No. 53 (10 juin 1976) d' "'INPRECOR" contient quelques regrettables fautes de frappe qui faussent partiellement le sens de certains passages. p. 10 - trois premières lignes de la thèse 6, il fallait lire "Cependant, bien que la défaite de la révolution mondiale durant la période de 1923 à 1943 ne fut pas complète objectivement en Union soviétique et en Chine, subjectivement..." , et non pas "fut complète objectivement... p. ll - lère colonne, début du deuxième paragraphe, il fallait lire "A nouveau, ce paradoxe apparent ne peut être expliqué que par la dialectique des facteurs objectifs et subjectifs"
"'ne peut être expliqué par la dialectique des facteurs objectifs et subjectifs". p. 13 - lère colonne, lème ligne depuis le haut, il faut lire "qualitativement" et non "quantitativement"'. p. 15 - Zème colonne, Zème ligne sous la caricature, il faut lire "l'absence d'un rétablis -sement de la démocratie soviétique après 1921" à la place de "la faillite à revenir à la démocratie soviétique par la suite" p. 17 - Zème colonne, dernier paragraphe, Zème ligne, il faut lire "dans le monde semicolonial pris comme un tout'' à la place de "dans la totalité du monde semi-colonial"'. p. 19 - lère colonne, point d), dernière phrase, lire "ou toute nouvelle tension du côté des nationalités opprimées" et non "de toute nouvelle tension du côté..."
Hans Magnus-Enzemberger • Une critique de l'Ecologie Politique Sur un livre de Harry Rothman Pollution : Providence meurtrière. N° 7 revue J. Paul Deléage
• La Nature : un paradigme introuvable Bibliographie commentée critique
J. Marie Dumont communiste Environnement et luttes urbaines
Entretien avec Victor Leduc Michel Lequenne • Continuité et discontinuité du « Lambertisme» (Contribution à l'histoire d'une dégénérescence) 10, impasse Guéménée, Abonnement 10 numéros: 60 F
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