Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SRI LANKA

La crise du régime Bandaranaïke

· Inprecor (première série) n° 58, 23 septembre 1976 · p. 27 · 692 mots

Inde et Asie du Sud Syndicalisme

-SRI LANKA Il y a beaucoup de spéculations, au Sri Lanka, sur la question de savoir si les élections législatives, prévues d'après la Constitution pour le milieu de l'année 1977, auront effectivement lieu, ou si le gouvernement les retardera, comme l'a fait le régime de Mme. Gandhi en Inde. La possibilité d'élections anticipées ne peut pas non plus être exclue, le gouvernement cherchant à monnayer le prestige momentanément accru que lui a procuré la tenue, à Colombo, de la Conférence des pays dits non-alignés. L'influence politique des partis de la coalition gouvernementale a sérieusement baissé au sein des masses populaires, mais ce, principalement au profit de l'opposition de droite de l'UNP (United National Party). L'exclusion du parti réformiste LSSP (Lanka Sama Samaja Party) de la coalition gouvernementale a fait perdre à celle-ci sa principale couverture "de gauche". Mais les circonstances dans lesquelles s'est produite cette exclusion n'ont point contribué à réanimer des illusions quant au caractère "de gauche" du LSSP, ni donné une quelconque crédibilité à l'appel en faveur d'un "Front Unique Socialiste' lancé par ce parti. Au contraire, les phénomènes de décomposition du LSSP se sont approfondis, depuis qu'il a été expulsé du gouvernement. Ainsi, au début d'août, le rédacteur-en-chef de l'hebdomadaire "'The Nation", Dasili Amerasinghe, membre du Comité Central du LSSP, a quitté le LSSP pour adhérer au parti de Mme. Bandaranalke, lui livrant ainsi ce journal. Le LSSP fut obligé de publier un nouvel organe, appelé "Socialist Nation''. Sur le plan politique, la décomposition de l'ancienne direction du LSSP se poursuit non moins nettement, malgré son passage à l'opposition. Plusieurs dirigeants du Parti Fédéral (nationaliste tamil), y compris des membres du Parlement, sont actuellement poursuivis devant les tribunaux, sur la base de la législation répressive de l'état d'urgence. Leur "crime", c'est d'avoir publié un tract "subversif" par rapport à la Constitution. Leurs avocats ont mis en question la validité de la législation sur l'état d'urgence, ainsi que celle de la Constitution. Immédiatement, le porte-parole de l'opposition "respectueuse", Colvin R. De Silva, s'est lancé, au Parlement, dans la défense de la Constitution bourgeoise et de la législation répressi-

=BALA TAMPOLE ve, et a présenté les discours des avocats et les députés représentant une minorité nationale opprimée (fussent-ils bourgeois) comme des •.. menaces pour le peuple ! La montée de la combativité ouvrière s'est exprimée dans de nombreuses grèves et manifestations, quelques-unes des plus importantes concernant la CMU (Ceylon Mercantile Union). Ainsi, la CMU a engagé une lutte importante pour empêcher que ses membres employés dans les firmes administrant les plantations, ne puissent être licenciés, après la nationalisation de ces firmes, décidée en mars de cette année. Un meeting de masse le 27 mai, accompagné d'une grève de tous les membres de la CMU du centre de Colombo, fut attaqué par les forces de police. Mais ces attaques ne purent empêcher le rassemblement de milliers de travailleurs. Le 21 juillet, il y eût une grève générale de 24 heures des employés du Ceylon Estates Staffs Union, avec laquelle la CMU entretient des liens amicaux. L'influence de la CMU parmi les ouvriers et les employés des plantations a pu s'accroître, suite à ces activités. L'activité militante croissante de certains SeC -teurs de la classe ouvrière crée des problèmes, non seulement pour le LSSP, mais aussi pour le parti gouvernemental SLFP (Sri Lanka Freedom Party). A la veille de la Conférence des pays non-alignés à Colombo, il y eût une grève des travailleurs des postes et télécommunications. Elle fut "suspendue", sur la base de la législation sur l'état d'urgence, et sous la menace d'une arrestation des dirigeants de la grève. Un des deux syndicats qui organisa la grève est affilié à la fédération syndicale contrôlée par le SLFP. Il fut exclu de cette fédération pour avoir appelé à la grève. Les marxistes-révolutionnaires du Sri Lanka envisagent une participation autonome à la campagne électorale, à travers la présentation de quelques candidats de la section ceylanaise de la IVème Internationale, de quelques candidats de la CMU et de quelques candidats ouvriers indépendants, défendant une plate-forme commune de rétablissement des libertés démocratiques et de lutte pour des revendications transitoires.

10 août 1976

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